Boumédiène, Houari
Boumédiène, Houari (v. 1932-1978), colonel, dirigeant de l'Algérie de 1965 à 1978.
Mohamed Boukharrouba, dit Houari Boumédiène, étudia à l'Institut islamique de Constantine, en Algérie, puis à l'université al-Azhar du Caire, en Égypte. Ayant adhéré très jeune au Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, il participa à l'insurrection du 1er novembre 1954 contre la domination française et fut l'un des premiers membres du Front de libération nationale (FLN). Devenu l'un des chefs de la rébellion, plus jeune colonel du FLN en 1957, commandant de la wilaya V en 1958, il fut nommé, en 1960, chef d'état-major de l'Armée de libération nationale hors de l'Algérie (voir Algérie, guerre d').
Après les accords d'Évian, en mars 1962, et l'indépendance algérienne, Boumédiène soutint la candidature à la présidence du nouvel État d'Ahmed Ben Bella dont il devint ministre de la Défense. Nommé vice-président du Conseil révolutionnaire l'année suivante, il évinça Ben Bella de la présidence, en juin 1965, avec le soutien de l'armée.
Boumédiène gouverna autoritairement l'État algérien jusqu'en 1976. L'opposition politique du Mouvement démocratique du renouveau algérien fut rapidement réduite au silence. Boumédiène, qui s'était opposé à la politique d'autogestion de Ben Bella, nationalisa les compagnies pétrolières en 1966 puis de nombreuses sociétés privées dont les capitaux étaient pour l'essentiel détenus par les Français. Soucieux d'affirmer l'indépendance économique du pays, il mena une politique d'industrialisation massive, fondée notamment sur les exportations d'hydrocarbures. Une politique de réforme agraire compléta l'industrialisation, qui ne rencontra pas cependant le même succès. Boumédiène développa également le système d'enseignement, s'appuyant sur les coopérants français tout en procédant à l'arabisation de l'éducation nationale. Il parvint à cultiver des liens étroits avec le bloc communiste sans rompre, toutefois, avec l'Occident. Il donna également à l'Algérie une place importante au sein du tiers-monde, se faisant l'ardent défenseur d'un « nouvel ordre économique international », après la Ve Conférence des pays non-alignés en 1973 (voir non-alignement).
En 1976, une nouvelle Constitution algérienne fut votée et approuvée par référendum. Elle faisait de l'Algérie une « démocratie socialiste » au sein de laquelle l'islam demeurait religion officielle, et consacrait le rôle dirigeant du parti. Élu président pour un mandat de six ans, Houari Boumédiène mourut en décembre 1978. Chadli Ben Djedid lui succéda.
Boumédiène, Houari (v. 1932-1978), colonel, dirigeant de l'Algérie de 1965 à 1978.
Mohamed Boukharrouba, dit Houari Boumédiène, étudia à l'Institut islamique de Constantine, en Algérie, puis à l'université al-Azhar du Caire, en Égypte. Ayant adhéré très jeune au Parti du peuple algérien (PPA) de Messali Hadj, il participa à l'insurrection du 1er novembre 1954 contre la domination française et fut l'un des premiers membres du Front de libération nationale (FLN). Devenu l'un des chefs de la rébellion, plus jeune colonel du FLN en 1957, commandant de la wilaya V en 1958, il fut nommé, en 1960, chef d'état-major de l'Armée de libération nationale hors de l'Algérie (voir Algérie, guerre d').
Après les accords d'Évian, en mars 1962, et l'indépendance algérienne, Boumédiène soutint la candidature à la présidence du nouvel État d'Ahmed Ben Bella dont il devint ministre de la Défense. Nommé vice-président du Conseil révolutionnaire l'année suivante, il évinça Ben Bella de la présidence, en juin 1965, avec le soutien de l'armée.
Boumédiène gouverna autoritairement l'État algérien jusqu'en 1976. L'opposition politique du Mouvement démocratique du renouveau algérien fut rapidement réduite au silence. Boumédiène, qui s'était opposé à la politique d'autogestion de Ben Bella, nationalisa les compagnies pétrolières en 1966 puis de nombreuses sociétés privées dont les capitaux étaient pour l'essentiel détenus par les Français. Soucieux d'affirmer l'indépendance économique du pays, il mena une politique d'industrialisation massive, fondée notamment sur les exportations d'hydrocarbures. Une politique de réforme agraire compléta l'industrialisation, qui ne rencontra pas cependant le même succès. Boumédiène développa également le système d'enseignement, s'appuyant sur les coopérants français tout en procédant à l'arabisation de l'éducation nationale. Il parvint à cultiver des liens étroits avec le bloc communiste sans rompre, toutefois, avec l'Occident. Il donna également à l'Algérie une place importante au sein du tiers-monde, se faisant l'ardent défenseur d'un « nouvel ordre économique international », après la Ve Conférence des pays non-alignés en 1973 (voir non-alignement).
En 1976, une nouvelle Constitution algérienne fut votée et approuvée par référendum. Elle faisait de l'Algérie une « démocratie socialiste » au sein de laquelle l'islam demeurait religion officielle, et consacrait le rôle dirigeant du parti. Élu président pour un mandat de six ans, Houari Boumédiène mourut en décembre 1978. Chadli Ben Djedid lui succéda.